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Agenda 2020

Agenda de l'année des diverses manifestations proposées par les associations de la commune du Nayrac.

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Village 2 FLEURS

Le Nayrac village fleuri "2 fleurs" pour le plaisir de tous . Chaque année le rituel s'accompli pour le plaisir de tous.

Revue de Presse

La presse en parle, c'est dans notre revue de presse, compilation des articles traitant de la commune et des ses habitants.

Légendes

Les contes et légendes du Nayrac, réalité ou fiction? La magie des décors est quant à elle bien réelle.

Associations

La vie associative, des bénévoles qui par leur dynamisme participent et animent la commune.

Album Photo

L'album photo du Nayrac, l'occasion de découvrir, la commune, ses habitants et les activités qui ponctuent notre vie.


Itinéraires - accés

Comment se rendre au Nayrac ?



S’étalant sur le plateau de la Viadène, entre la Vallée du Lot et les Monts d’Aubrac, notre village fleuri, de 565 habitants, situé à 700 mètres d’altitude, est une station touristique idéale.


Accès voiture

  • A 50 km de Rodez : RN 88 Espalion ; RD 120 Estaing ; RD 97 Le Nayrac
  • Depuis Toulouse (31) : 193 km par A68 Albi ; RN 88 Rodez
  • Depuis Albi (81) : 110 km par RN 88
  • Depuis Montpellier (34) : 205 km par A75, sortie Séverac-Le-Château
  • Depuis Montauban (82) : 166 km par A20
  • Depuis Clermont-Ferrand (63) : 175 km par A75, sortie Saint-Flour, direction Laguiole.

  • Aéroport : Rodez : 56 km
  • Gare : Rodez : 50 km



Historique

Le Nayrac

Selon la devise du château de Frayssinet "Qui non laborat, nec manducet" soit "Si tu ne laboures pas, il te faut mendier, si tu ne travailles pas, tu ne peux manger".
Le modernisme et l’agriculture intensive ont nécessité presque partout une adaptation des bâtiments, abords et chemins à l’accès des machines et aux nouvelles techniques de travail. On peut déplorer certaines destructions, pertes irréversibles d’un patrimoine, dont les agriculteurs sont maintenant conscients.

Il y a lieu dans la norme du possible d’éviter certaines erreurs connues à l’encontre d’une richesse latente, "capitalisable" dans le futur. Il nous faut donc dans la norme du possible conserver, sauvegarder, voir restaurer tout ce que nous pouvons avec une juste fierté léguer aux générations futures.


Dans la commune du Nayrac et ses beaux villages, en plus du typique ancien des constructions aux pierres de granit hélas parfois crépies, mais bien assises dans son relief aux paysages variés, celui-ci pentu en certains endroits, plus horizontal sur son plateau aux horizons pleins de charme à n’importe quelle saison ; les habitants ont connaissance ici ou là de quelques vestiges, biens précieux dont ils se savent les conservateurs

On connaît le pic appelé "le puech del Naouc", les souterrains, le site du guetteur, la cache de la peste, le puits sans eau avec en son fond une galerie. Autre part un monticule, où se trouvent enfouies les substructures d’un château qui eut trois étages, avec à ses angles quatre grosses tours.

A un autre endroit un dolmen ; puis les inscriptions énigmatiques figurant gravées sur le linteau de la porte d’entrée d’un vieux moulin. Et au coin d’un bois d’étranges sarcophages creusés au sol dans la pierre.

Un peu d'histoire


"Le Nayrac est un charmant petit village montagnard du pittoresque département de l’Aveyron.


Il est bâti sur un plateau balayé en hiver par un vent rapide et glacial mais parcouru l’été par une brise douce et caressante toute chargée de parfums de genêts, des bruyères, et pins et du sarrazin. Les abeilles, les guêpes et les clairs papillons volent et butinent sur les champs et les prés en fleurs, tandis que lièvres et perdreaux se cachent dans les genêts dorés ou les bruyères roses.

Le haut clocher pointu de sa vieille église domine fièrement les maisons recouvertes en majeure partie de la solide ardoise du pays. La culture est pour ainsi dire l’unique occupation de sa laborieuse population, courageuse et sobre que les tâches les plus dures et les corvées les plus ingrates ne rebutent pas.

Loin de la vie corruptible, agitée et contrôlée des grandes villes, cette belle race saine et pieuse, conserve sa liberté, son indépendance et aussi sa loyauté, sa pureté, ses croyances.
Ils luttent d’un bout de l’année à l’autre sous le soleil qui les grille, le vent qui les fouette, la pluie qui les cingle ou la bise qui les glace. Oui, ils luttent et se battent contre les éléments, contre les parasites, pour arracher à ce sol rude et parfois ingrat leur nourriture et celle de leurs bêtes.


Pour leurs champs, pour leurs prés, pour cette terre qu’ils fertilisent et à laquelle ils s’accrochent, pour cette terre qui les nourrit, qui a nourri leurs aïeux, leurs trisaïeux, et dans laquelle sera creusé leur tombeau, ils savent se battre et mourir. Le temps n’est pas très éloigné où la commune du Nayrac comptait un millier d’habitants. Elle en a perdu pas mal ces temps derniers, au profit de "l’Amicale Parisienne des Enfants du Nayrac".

Sur le territoire de la commune, à cinq kilomètres environ du chef-lieu, se trouve le tout petit village de Bouldoires. Quelle vue magnifique l’on a du haut de la colline recouverte de bruyère. De cet endroit, l’un des plus hauts de la commune, l’on aperçoit : au Nord, les Monts du Cantal, le Puy Mary (1787 mètres) et le Plomb du Cantal (1858 mètres) point culminant. Au Nord-Est, les Monts d’Aubrac.
Au Sud-Est, les Cévennes. Au Sud, la vallée du Lot, puis les Causses avec, au loin, Rodez, que domine la sombre et massive silhouette de sa haute cathédrale. Au Sud-Ouest, l’on voit s’élever dans le ciel les fumées du bassin houiller et à l’Ouest enfin, parmi d’autres villages, se dresse Montsalvy.

La commune du Nayrac s’étend dans la partie Nord-Ouest du canton d’Estaing, sur une superficie totale de 3566 hectares. La très grande différence d’altitude d’un bout à l’autre de son territoire fait quelle possède une flore très variée. La reine de la montagne, la célèbre gentiane, s’y trouve aussi, mais y est très rare.

Au Sud, où le Lot qui la délimite, roule en grondant dans une étroite gorge rocheuse d’une magnifique et sauvage beauté, l’on est à environ 300 mètres d’altitude, alors que l’on doit se trouver à près de 900 mètres au hameau de Varès, point culminant et situé au Nord-Est."

"Larges extraits d’un texte rédigé par Monsieur André CERTAIN originaire de Bouldoires".

Les Maires du Nayrac


1793 Monsieur ROMIEU, Officier Public 3 octobre 1870 Monsieur Joseph LAURENS
1796 Monsieur VIGUIER, Agent Municipal / Monsieur MALVESY, Adjoint 22 janvier 1878 Monsieur VERDIER, de Frayssinet, Monsieur FERRIERES, Adjoint
1798 Monsieur RAYNAL 16 janvier 1882 Monsieur LAURENS, de Fombillou
1799 Monsieur VIGUIER 8 juin 1884 Monsieur Pierre-Jean BORIES, de La Gache
22 juin 1808 Monsieur Amans LAURENS, de Puechmeja mars 1889 Monsieur Amans COUDERC, de Conquettes
15 février 1817 Monsieur Jean-Pierre DUBRUEL, du Bosc 15 mai 1892 Monsieur Antoine LAURENS, de La Combe
3 septembre 1820 Monsieur BEC 12 décembre 1919 Monsieur Edouard VIDAL, de la Bessierette
8 août 1837 Monsieur Amans LAURENS, de Puechmeja 8 septembre 1940 Monsieur Jean-Antoine BRUNET
8 août 1837 Monsieur ALAUX, du Jardy 6 mai 1945 Monsieur Emile PRADEL, de Fombillou
1851 Monsieur Pierre BORIES 22 juillet 1945 Monsieur Antoine COUDERC, de Puechmurols
22 juillet 1855 Monsieur Louis-Dominique LAURENT, notaire à Puechmeja, Monsieur Pierre BORIES, Adjoint 20 octobre 1947 Monsieur Albert BESSIERES, de Lasparros
(cf. livret édité à l’occasion de la pose d’une plaque à la Mairie du Nayrac en son honneur le 15 avril 1995)
Janvier 1862 Monsieur Paul-Etienne-Henri FINET 29 Janvier 1994 Monsieur Louis RAYNALDY, de Conquettes
Novembre 1862 Monsieur Pierre-Jean TURLAN 23 août 1995 Monsieur Robert THOMAS, du Nayrac
23 mars 2008 Monsieur Jean-Paul TURLAN, de La Sagne

Quelques dates


En 1787: la population de la paroisse du Nayrac était de 502 habitants, disséminés dans les villages et hameaux suivants : Le Nayrac, Issac, Le Bancarel, La Borie, Beauregard, Corbières-Haut, Corbières-Bas, La Combe, La Croux, Crussac, Le Droc, Fombillou, Frayssinet, La Gache, La Garrigue, Le Garriguet, Gimalac, La Grave, Grignac, Le Nayraguet, Nayrolles, La Piquerie, Puechmurols, Le Pas, Le Poujol, Le Rieu, La Roque, Le Cor, Le Serre, La Viargue.

Les sept hameaux suivants furent bâtis entre 1787 et 1800 : Le Coustal, La Bastide, La Crouzette, Fayel, Le Moulin de Gachou, Le Poujoulas, La Souque.

En 1787, six hameaux furent détachés de la paroisse de Florentin, pour faire partie de celle du Nayrac : La Bessierette, Cantagrel, Conquettes, Le Combie, Le Lus, La Vaysse. Quant à la Grangette et La Vergne, ils furent bâtis après ce rattachement.

En 1806 : furent détachés de la paroisse d’Estaing, pour être annexés à celle du Nayrac : Bouldoires, La Bouffie, Les Fonteilles, Gaillac-Bas, Gaillac-Haut, Gaillaguet, Rayrolles, La Sanhe.

Furent bâtis après 1806 : Le Cros-Bas, Le Cros-Haut, La Grange et Le Roc.

En 1806 également, les villages de La Fabrie et Moussès furent rattachés à la paroisse du Nayrac, après avoir fait partie d’abord de Florentin jusqu’en 1788 ; et ensuite de La Capelle, de 1788 à 1806. Le Badieu, Le Camp de La Croux, Le Coulrat, Lestrade, La Lutranerie et Les Prunaques virent le jour après 1806.


En 1836: quatre villages appartenant à la paroisse d’Estaing furent annexés au Nayrac : La Contarderie, Le Jardy, La Fromenterie et Galouze.

Entre 1860 et 1870 : furent construits les hameaux de La Peyrade, Le Pas Haut, Le Pin Vert, Le Cotolo, Malac, Le Serry Nouveau et Le Passet.

Chiffres de population :
D’après le recensement de 1844, le nombre de maisons de la paroisse était de 294, totalisant 1421 habitants.

En 1841 : 1434 habitants.

En 1872 : 1358 habitants.


A l’heure actuelle la commune compte 530 habitants résidants toute l’année sur son territoire.


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Il vous promènera à travers Le Nayrac ...



Village Fleuri

En 1998, le Comité National pour le fleurissement de la France lançait le 40ème concours des Villes et Villages Fleuris. En 1997, ce concours national avait mobilisé 10 453 communes, soit près d’une commune sur trois. Les différents jurys venus au Nayrac ont particulièrement apprécié la qualité du travail de Madame DELBOUIS et de Josette. Suite aux délibérations prises, conformément au règlement mis en place par le Conseil National, la commune a accédé cette année-là, à un nouvel échelon au niveau des récompenses en obtenant une 3ème fleur.

Le Nayrac est aujourd’hui connu pour son fleurissement mais c’est une longue histoire qui remonte à 1954. Ci-dessous, quelques extraits du récapitulatif des travaux et des prix obtenus par la Commune :

  • 1954 : aménagement du monument aux morts, sur une initiative de Monsieur Léon DELBOUIS, en collaboration avec Monsieur Albert BESSIERE, Maire, et l’Amicale des enfants du Nayrac.
    Cette année là, il n’est pas possible de fleurir. Un grand nettoyage est commencé. Les poules, les cochons sont retirés, les tas de bois enlevés un peu plus tard. En fin d’année on put commencer à planter quelques rosiers et arbustes.
  • 1955 : C’est la première tentative de fleurissement. Beaucoup de végétaux manquent. Il n’y a pas d’argent pour acheter les fleurs. Le fond de la plate bande sera aménagé avec de la brique pilée. Le premier motif inscrit en fleurs "Bibo l’Amicalo" annonce le début de l’aventure.
  • 1964 : 1er prix Départemental
  • 1975 : 1er prix Midi-Pyrénées
  • 1977 : 5ème prix National remis à la Tour Eiffel par le Ministre du Tourisme
  • 1987 : 3ème prix National remis au Palais du Luxembourg
  • 1989 : Prix spécial du Jury Départemental. Hors concours Midi-Pyrénées. 1 fleur
  • 1994 : Prix spécial du Jury Départemental. Hors concours Midi-Pyrénées. 2 fleurs
  • 1998 à 2011 : Labellisée 3 fleurs sur le plan national.
  • depuis 2012 : Labellisée 2 fleurs sur le plan national.


Château de Frayssinet

Les châteaux du Rouergue occupent des situations fort variées. Certains sont placés sur des mamelons escarpés. On peut penser que leur emplacement a été choisi à cause des facilités de défense.

Beaucoup sont dans les vallées, où la rivière constituait un obstacle pour l’assaillant. La proximité des terres cultivables a pu être déterminante, mais il arrivait que le château occupait un site escarpé, alors que les terres se trouvaient à quelque distance.

Le site de Frayssinet est tout à fait remarquable. A l’ouest, c’est le plateau granitique du Nayrac. A l’est, les ravins impénétrables du bassin de Liaucouze. Le point de vue est grandiose. Il était, en plus, à l’écart de toute voie de communication.

C’est l’origine de la famille YZARN de FRAYSSINET, qui l’habitait déjà au début du XIIIème siècle et qui devait donner plus tard plusieurs branches, dont celles très connue des de VALADY.

Du château féodal, occupé par les Routiers au quatorzième siècle, il ne reste que des ruines. Il a été remplacé, à la fin du seizième siècle, par un immense bâtiment rectangulaire, de style Renaissance.

La construction de ce second château, faisant suite au précédent, fut commencée le 7 juin 1572, à 8 heures du matin. L’entrepreneur était Jacques FEDOM maçon de Cantoin. Les plans étaient de Jacques SALVAING maître d’œuvre à la cathédrale de Rodez. Le propriétaire Vital de FRAYSSINET était gouverneur de Rodez. Il fut tué au siège de Cornus en 1585.


La maçonnerie est en moellons d’appareil de granite porphyroïde. Les pierres de taille des fenêtres sont en calcaire. La porte d’entrée, aujourd’hui fermée, donnait sur l’immense escalier à paliers, voûté.

Cette porte était renforcée par de fortes pièces de bois engagées dans le mur et formant grille.

La porte de la grande salle au niveau de la cour, donnant dans l’escalier, est surmontée d’armoiries et de l’inscription : Iane de THÉZAN, nom de l’épouse du constructeur.

La même salle renferme une belle cheminée en pierre, à caryatides, qui porte l’inscription : "Qui non laborat, nec manducet" (celui qui ne travaille pas, ne doit pas manger).

Le bâtiment était étroit, sans couloir, l’escalier situé à l’extrémité sud. Le premier étage était l’appartement des maîtres, le second celui des domestiques.

A ce niveau, l’avancement sur mâchicoulis subsiste du côté de la cour. L’ensemble était bien éclairé par de très grandes fenêtres, suivant le style de l’époque.

Les abords ne sont pas moins impressionnants. La cour à l’ouest, parfaitement rectangulaire, est immense. Un grand bâtiment d’exploitation la fermait au nord.

Au sud, le mur de soutènement du jardin et la digue de retenue des eaux sont particulièrement puissants et soignés dans leur construction.

Un second bâtiment, appuyé au premier, avec façade au midi sur le jardin, fut ajouté au XVIIème siècle. Cette construction permit d’aménager des appartements plus petits, plus confortables avec boiseries et peintures.

Ces deux immenses bâtiments contigus, habités, depuis près de deux siècles, par une famille d’exploitants, sont, dans l’ensemble, conservés et constituent de fidèles témoins de la vie durant quatre siècles d’Histoire.

Entre les années 1200 et 1500, la famille YZARN de FRAYSSINET constituait son domaine rural. Les mariages, les échanges, les inféodations étaient les moyens les plus courants. Les Barons d’Estaing, proches voisins, s’appliquaient aux mêmes tâches, d’où les transactions entre les deux familles. La famille YZARN eut en Rouergue moins de tenanciers qu’Estaing, mais son domaine direct était plus important. Au service de l’église, YZARN était dépassé par ESTAING. Mais après une longue préparation, la famille YZARN s’établit en Quercy, et joua un rôle brillant sur le plan national. En Rouergue les de FRAYSSINET eurent des possessions à Valady, à Pruines, aux Vernhettes, à Versols, à Nant, à Laguépie.

Un grand mariage au château de Frayssinet

"Avant la Révolution, en ce château les puissants seigneurs des alentours s’y réunirent souvent pour célébrer de grandioses épousailles, telle celle relatée ci-dessous où se trouvaient auprès des seigneurs Rouergats, d’éminentes personnalités seigneuriales d’Auvergne, du Quercy et des alentours…"


15 octobre 1760, Mariage du haut et puissant Seigneur Messire NOBLE FRANÇOIS DE FONTANGES, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, ancien capitaine au régiment de Conti infanterie, Seigneur de LA DEVEZE-CANTOIN et autres places, fils de feu Messire Antoine DE FONTANGES et de feue dame Juliette DE COUPIAC de la DEVEZE, habitant en son château de LA DEVEZE paroisse de FOULONNES en Quercy :

mariage avec Charlotte Christine d’IZARN DE FRAYSSINET, fille de défunt Messire Antoine d’IZARN et de dame Louise de RESSEGUIER, Seigneur de FRAYSSINET, GAILLAC, NAYRAC et autres places, habitant au château de Frayssinet. Le mariage fut célébré par Charles GIROU, curé du Nayrac, en la chapelle domestique du château de Frayssinet, en présence de :

  • Haut et puissant Seigneur Pierre Antoine d’IZARN DE FRAYSSINET
  • Haut et puissant Seigneur Antoine Jacques IZARN DE FRAYSSINET marquis de Roussile
  • Messire Louis, marquis de FONTANGES
  • Messire François Baron de CARDAILLAC
  • Messire Jacques de SAINT GERIS DE SOYRIS, chevalier, Seigneur des dits lieux : Lascabanes et Esquiras
  • Messire Jean-Baptiste de CHAUDESAYGUES de château vieux, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, ancien capitaine du régiment de Condé
  • Messire François Florin de LAVAL
  • Messire de ROQUEFEUIL d’AMBER, seigneur d’AMBERT
  • Maître Dominique PRAT, prêtre
  • Maître Pierre COUDERC, prêtre et vicaire du Nayrac

La révolution à Frayssinet

Pierre Antoine de FRAYSSINET, avait été membre de l’Assemblée de Haute Guyenne en 1779. Il y fit partie de la commission de la Taille et des vingtièmes et de celle de la Capitation. Son influence dans la noblesse locale était réelle. Il participa à Rodez à l’assemblée, le 16 mars 1789, pour la rédaction des cahiers de doléances. Puis présida la réunion du 24 juillet 1789, tenue pour autoriser le député à accepter le vote par tête et non par ordre.


En 1790, il fut sollicité pur être commissaire du Roy pour le compte du nouveau gouvernement constitutionnel. Il refusa, à cause de sa vue très faible. A la vérité la vie devenait intenable à Frayssinet. Injures et menaces de mort amenèrent le Marquis à préparer son départ. Dès février 1791, il demanda à la municipalité un passeport pour Montpellier. La municipalité fit un certificat, mais refusa le passeport. Le maire était DUBRUEL.

Le 24 juin 1792, Joseph-Antoine GABRIAC, homme de loi d’Estaing, délégué par le directoire du District de Saint-Geniez, se rendit au Nayrac, assisté de Jean-Joseph LAURENS de Puechméja comme secrétaire, pour demander à la municipalité s’il n’y avait pas des émigrés. Les officiers municipaux répondirent qu’ils avaient refusé le passeport à FRAYSSINET, parce qu’il faisait beaucoup de bien au Nayrac, qu’il avait obtenu un passeport du département, qu’il était allé de Montpellier à Grenoble. Interrogés sur l’étendue des biens, ils demandèrent trois jours pour se renseigner (ROMIEU était maire).

En réalité Jean-Antoine FRAYSSINET avait pris des précautions avant de partir. Il avait chargé François SOTHOLIN de Saint-Côme de tous ses biens. PELAPRAT était alors métayer à Frayssinet. Le 27 juin 1792, François SOTHOLIN avait déclaré devant Antoine GABRIAC que FRAYSSINET était à Grenoble, mais non hors du territoire, que la commission était pressée. GABRIAC fit tout de même l’inventaire des meubles et des archives. Le 2 novembre Antoine GABRIAC revint à Frayssinet, remit les archives au citoyen BESTION.

La vente de 1794

Pierre-Antoine de FRAYSSINET avait opté pour l’émigration. En conséquence, ses biens passèrent à la Nation et furent vendus. Ils comprenaient le domaine de Frayssinet, le domaine de Bournès, qui lui faisait suite à l’ouest, le domaine de Gaillac au nord, la maison du Nayrac, au nord de Gaillac le domaine de Moussès. Ces trois exploitations étaient dans la commune du Nayrac.


Dans la commune de Florentin, Pierre-Antoine d’YZARN possédait les domaines de La Bessière, et de Saurin, situés sur la rive droite de l’Amarou, au nord des précédents formant avec eux un ensemble presque continu.

Dans la commune d’Entraygues, il y avait les domaines de La Brousse, de Serpalies et de Courssounous, ce dernier rive droite de la Truyère. Enfin Frayssinet métairie de la commune de Laguiole près du village des Prunhes et la Montagne de Couffinhal, au nord du Roc du Cayla dans la commune d’Alpuech, comprenant quatre vingt herbages ou Estibos, complétaient ces vastes possessions.

Frayssinet fut vendu en douze lots par le district de Saint-Geniez-d’Olt les trois et quatre février 1794. François DOMERGUE d’Estaing et Jean PELAPRAT le fermier, achetèrent l’ensemble des bâtiments et le bois del Claux.


Valentin ROMIEU de La Contarderie et Louis ROMIEU, lieutenant de gendarmerie, prirent quatre lots, Pierre FOURNIER deux lots, Antoine FERRIERES un lot, Valentin TURLAN du Bancarel un lot. Le domaine était gravement morcelé.


Bournès suivait le même sort. Le Camp Grand, neuf hectares, allait à DOMERGUE d’Estaing. La vigne du Malpas d’Estaing à Louis ROMIEU et CAYLA, la maison du Nayrac située près l’ancien cimetière, à Valentin ROMIEU, et quatorze lots à divers acheteurs.

Gaillac fut divisé en huit lots. Mais le premier lot, qui comprenait le château, les bâtiments, et sept parcelles et qui fut acquis par DOMERGUE d’Estaing, constituait plus de la moitié du domaine. Le château était décrit avec une tour à chaque angle.

Moussès, vendu le 24 octobre 1794, comprenait huit lots. Parmi les acquéreurs, il y avait Guillaume VIC de Cassuéjouls, Joachim ENTRAYGUES, Antoine et Baptiste BOSC, Jean LAURENS, Valentin PRAT.

Les autres domaines suivirent le même sort.


GABRIAC, notaire d’Estaing, avait fait l’inventaire du mobilier du château de Frayssinet les 24 et 25 juin 1792. En parcourant la maison, il notait les pièces qu’il visitait : grande et petites caves, cuisine, salon de compagnie, chambre rouge, chambre grise, la salle, chambre basse, chambre de la mère, chambre des servantes, chambre de Madame, chambre des prêtres, chambre de Monsieur, chambre verte, chambre des domestiques au dernier étage, galetas, chapelle, tinayriol et maison du fermier au coin de la cour.


François SOTHOLIN continua à habiter Frayssinet, mais il était alors séquestre et gardien des objets saisis. Il obtint le 3 mars 1793 un certificat de civisme de la municipalité. Le 3 mars 1793 LAUTARD, membre du directoire du district de Saint-Geniez-d’Olt, assisté de BESTION fils et de CASTAGNIÉ père, tapissier d’Espalion, pris comme experts, procédèrent à la vente aux enchères du mobilier. Cette vente dura quatre jours et produisit la somme de 6 846 livres, 7 sols. Tout était clos le 31 mai au soir.


Le procès verbal a conservé la liste des objets les plus importants : parmi les tapisseries, tapisseries d’Aubusson, représentant les quatre saisons, 800 livres ; sept pièces de tapisserie laine, 108 livres ; quatre pièce de tapisserie laine, 81 livres ; une tapisserie laine, 159 livres ; une autre, 46 livres ; une autre, 32 livres ; une autre, 82 livres. Trois lits de valeur : 120 livres, 110 livres, 150 livres ; le bureau de Madame, 20 livres.


Certains objets, utiles à la nation de devaient pas être vendus : on garda pour l’église du Nayrac le mobilier de la chapelle, sauf le calice, et la cloche ; on récupéra 334 kilos de cuivre. De même furent emportés 23 paillasses de lit, 20 traversins, et dix matelas par quatre paires de bœufs. L’inventaire de la chapelle signalait : un autel représentant la naissance de Jésus, surmonté d’un Père éternel en dorure or et argent avec trois statues et un petit Christ d’étain, portraits, prie-dieux, ornements, nappes. LAUTARD dut aussi enregistrer les accusations de ROMIEU et BOURREL qui déclarèrent que SOTHOLIN de Saint-Côme avait fait enlever une partie du mobilier avant la vente, ce qui amena une enquête.


Dans la nuit du 29 au 30, on avait enfoncé une fenêtre du château du côté des écuries et volé quelques objets, en particulier des matelas.

En plus du vol de la nuit du 29 mai, le bruit courut que d’autres éléments du mobilier avaient été transportés à Saint-Côme par François SOTHOLIN. Le 1er juin 1793, ROMIEU maire, BOURREL officier municipal, et Antoine ROMIEU, commissaire de la commune, remirent une dénonciation contre François SOTHOLIN. Il s’agissait de cuivre, matelas, couvertures, linge qui manquaient à l’inventaire et aussi des chaises du salon, d’étain et de bouteilles, en indiquant comme témoins les domestiques qui avaient voituré tout cela à Saint-Côme.


Le district de Saint-Geniez fit faire une enquête le 15 janvier 1794. Le comité d’Estaing délégua ENTRAYGUES et BOYÉ. PELAPRAT, fermier, avait vu charger des matelas et des couvertures, mais DUBRUEL du Droc n’avait vu charger que des denrées de récolte, qui appartenaient à SOTHOLIN.

La vente des cabaux (cheptel) suivit. Le district de Saint-Geniez délégua Valentin ROMIEU, juge de paix du canton, pour cette opération. Pour Frayssinet et Bournès, il y avait un seul fermier Jean PELAPRAT. Ce dernier lui présenta le bétail estimé à son entrée. Il n’y avait pas d’estimation pour le matériel. Tout fut vendu sur la place du Nayrac, soit 3 224 livres pour le bétail et 578 livres pour le cheptel mort.


Malgré toute cette mise en scène, cette vente ne donna pas satisfaction au commissaire. Le fermier PELAPRAT était acheteur pour la somme de 1 300 livres. Il semble bien que dans le cheptel il y avait du bétail qui appartenait au fermier PELAPRAT, et qu’on ne vendait que la partie qu’il avait reçue au moment du bail. En fait, il restait deux paires de bœufs, qui n’avaient pas été présentés à la vente, parce qu’on n’avait pas d’inventaire pour les demander.

Au domaine de Moussès, le bétail était estimé 400 livres en 1732. Il fut vendu 4 976 livres. L’augmentation était importante. Le fermier avait droit à la moitié de l’augmentation. Il y avait donc 2 888 livres pour la nation et 2 488 livres pour le fermier.

XIXème siècle

Pierre-Antoine de FRAYSSINET était mort en Suisse. Son épouse Marie-Anne de MIRANDOL vint habiter Estaing, la maison du docteur SAURY.


Dès son retour de Suisse, la veuve FRAYSSINET tenta de récupérer quelques biens. Il y eut des rectifications de ventes contre soulte. Elle réclama ses droits personnels sur les biens invendus. Elle mourut en 1808. Elle laissait une fille, Louise YZARN de FRAYSSINET, qui épousa en 1811 Joseph COSTE, avocat d’Espalion, fils d’anciens fermiers généraux du comté d’Estaing, d’où Elisabeth COSTES, mariée en 1830 à Gaspard de CABRIERES.

En 1850, Ildefonse de VALADY, de la branche de Nant, tenta de racheter Frayssinet. Il revint à son projet en 1868. Le morcellement alors accentué ne permit pas la réalisation de ce désir.

Après ces évènements, la vie continua à Frayssinet. Tandis que le château de Gaillac a disparu, celui de Frayssinet a été habité, entretenu et conservé. Ces habitants ont continué à s’inspirer de l’inscription de la cheminée du petit salon : "Il te faut bien penser avant qu’entreprendre".


On a remarqué que François DOMERGUE avait acquis des lots importants à Gaillac, Bournès et Frayssinet. Il pouvait regrouper ces terres dans sa famille. Jean-Baptiste VERDIER d’Entraygues avait épousé en 1791 Françoise DOMERGUE d’Estaing. Ce ménage habitait le château au début du XIXème siècle. On trouve ensuite Jean-Amans VERDIER marié en 1826 avec Françoise MALVEZY, mais il y avait aussi Françoise VERDIER mariée en 1826 à Félix CALMELS de Soulages, et deux autres filles mariées dans les environs.

Cette situation amenait un partage. Félix CALMELS, remarié en 1837 à Marie AYGALENC, avait Bournès et une partie du château, qui fut rachetée par la famille de VALADY.


La famille VERDIER continuait avec Joseph-Amans VERDIER marié en 1861 avec Marie-Jeanne COUDERC, puis Clémentine VERDIER mariée avec Joseph MIQUEL d’Ayrolles, dont les descendants devaient racheter la part du château passée à de VALADY, alors que Bournès allait à la famille TEYSSEDRE.

En un temps où l’on parle de plus en plus de conserver les paysages et les monuments, nous avons tenu à signaler le château de Frayssinet, site privilégié dans ces deux domaines puisqu’il réunit à la nature sauvage les splendeurs de la Renaissance et de l’âge classique.


Extrait de "Estaing, aspects du passé" d’Albert GINISTY éditions Subervie (1975)

Malheureusement, aujourd’hui il n’est pas possible de visiter le château de Frayssinet.